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RECHERCHES BIBLIOGRAPHIQUES
L'inscription d'Aïn-el-Djemala.
Auteur: Jérôme CARCOPINO
Source: Mélanges d'archéologie et d'histoire. Année: 1906. Volume 26, Numéro 1
Il ne faut pas oublier, quand on parle de Sustri, qu'on a affaire à un centre de population Berbère, que la civilisation Romaine n'a que très superficiellement pénétré. Même au IIIe siècle de l'empire, las habitants de la civitas Sustritana, pourtant si dévots à la dynastie des Sévères, avaient conservé intactes leurs croyances primitives. Le Dr Carton a dessiné et décrit deux linteaux de porte, qu'on voit encore aujourd'hui dans les ruines d'Henchir-er-Regaigue, et donc l'ornementation bizarre est faite de rosaces, de feuilles entrecroisées, de croissants lunaires et de scorpions; ces emblèmes de l'ancienne religion africaine en attestent clairement la survivance. Les Sustritani n'avaient pas même adopté l'alphabet de leur vainqueurs, puisque le Dr Carton, dans son exploration su fructueuse, a relevé une inscription en caractères libyques. Ils n'avaient point voulu davanyage changer les noms qu'ils tenaient de leurs ancêtres, et, s'ils ont fait des emprunts à l'onomastique romaine, ils ont eu, semble-t-il, comme hâte de s'en libérer; quand j'ai visité les ruines de Sustri, je n'y ai découvert qu'une inscription nouvelle: une dédicace à Saturne d'un fils de Granius, qui lui-même s'appelait Zabonar (Publication: AE 1907, 00201: Saturno / Aug(usto) sacr(um) / Zabonar / Grani sa/cerdos). Il est donc tout naturel que le nom même de la localité ne se soit romanisé qu'avec peine. Le mot devait être difficile à transcrire exactement en latin, et les fonctionnaires impériaux en rendaient le son tant bien que mal, au hasard de l'impression qu'ils en avaient reçue.Et, si l'inspiration indiquée par le TH, de Thusdritanus dans l'inscription d'Aïn-Ouassel est représentée dans les insciptions d'Henchir-er-Regaigue par le son de la lettre S, le son STR de Sustritanus dans les inscriptions d'Henchir-er-Regaigue est rendu par le Z de Tuzritanus dans l'inscription de Aïn-el-Djemala. Et un rapprochement entre la civitas Sustritana et le saltus Thusdritanus-Tuzritanus est d'autant plus sûrement fondé, que la forme du mot qui le suggère est elle-même plus élastique.
Une mission
archéologique à Aïn-Tounga (Tunisie)
Auteur: J. Carcopino
Source: Mélanges d'archéologie et d'histoire, Année 1907, Volume 27, Numéro 1
4. Henchir-er-Regaigue
A Henchir-er-Regaigue (CIVITAS SUSTRITANA), je n'ai pu revoir tous les textes découverts et publiés par M. le Docteur Carton (Découvertes épigraphiques et archéologiques faites dans la région de Dougga, p. 316 sq.); mais j'ai trouvé deux textes inédits.
37. Sur le sommet de la colline, à quelques mètres des
vestiges décrits par Carton, p. 318. Stèle votive à Saturne, brisée, mais en
haut seulement et sans que la cassure ait atteint le champ de l'inscription;
elle mesure actuellement 0m 40 x 0m 25 x 0m 17.
Hauteur des lettres: 0m 03.

L. 3-4. Le fils d'un homme dont le nom était romanisé, Granius, porte lui-même un nom punique: Zabonar. Le fait est curieux. Il n'est pas unique. Cf. C. I. L., VIII, 15619: Mu[t]humbal Pastoris fi(lius). Cf. Mélanges d'Arch. et d'Hist., 1906, p. 428.
L. 4-5. Le titre de sacerdos que porte Zabonar et l'emplacement où a été trouvée l'inscription me paraissent confirmer l'hypothèse du Dr Carton, suivant laquelle l'édifice voisin, dont proviennent les linteaux à bas-reliefs, aurait été un sanctuaire de Saturne.
38. A quelques mètres au sud de l'inscription précédente, fragment calcaire réemployé comme moellon et mesurant actuellement 0m 17 x 0m 10 x 0m 08.

Excursion archéologique
dans la région du Fahs et de Téboursouk
Auteur: F.G. de PACHTERE
Année: MAI-JUIN 1910
Source: Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques et
scientifiques. Année: 1911

Fragment de linteau de
1m.22, large de 0m.56, lettres de 0m.06 et 0m.05.
La barre horizontale de la première lettre ne peut être que celle d'un T.
La dédicace s'adresse donc à Pluton. Elle doit se lire à peu près

Le sens et même la divition en mots des lettres de la dernière ligne échappent. Néanmoins, l'inscription apparaît de sens complet. Dédiée à Marc Aurèle et à Lucius Verus, entre 161 et 169, c'est la plus ancienne de celles qui nomment cette civitas Sustritana, déjà connue par deux inscriptions du temps de Septime Sévère et de Carcalla.