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RECHERCHES BIBLIOGRAPHIQUES
L'inscription d'Aïn-el-Djemala.
Auteur: Jérôme CARCOPINO
Source: Mélanges d'archéologie et d'histoire. Année: 1906. Volume 26, Numéro 1
1. LE TEXTE:
Chargé par le service des antiquités de Tunisie de conduire à Aïn-Tounga (ancienne Thignica) une campagne de fouilles qui a duré du 9 mai au 12 juin, j'avais, sur le conseil même du directeur, M. Alfred Merlin, partagé mon temps entre la surveillance des fouilles et la recherche épigraphique.[...] Ma dernière promenade, celle que je fis dimanche 3 juin en compagnie du cheikh d'Aïn-Tounga, a été la plus fructueuse; et c'est à l'obligeance et à l'heureuse mémoire de ce guide improvisé que je dois de faire connaître aujourd'hui, à défaut du texte intégral de la lex Manciana ou de la lex Hadriana, une de ces inscriptions, dont M. Schulten, tout plein d'un joyeuse certitude, prophétisait, il y a dix ans, l'avènement à la lumière. Elle offre un égal intérêt pour l'histoire de la colonisation Romaine et pour celle du colonat partiaire.Elle mentionne pour la seconde fois la lex Manciana; malgré toutes les mutilations qu'elle a subies, elle améliore et complète heureusement le texte que nous possédions, depuis 1892, du règlement, ou sermo, ordinairement désigné sous le nom de lex Hadriana; enfin, par la pétition dont elle nous transmet les fragments, elle projette un jour nouveau sur ces deux chartes des saltus de l'Afrique Proconsulaire, sur leur sens, leur portée et leur origine.
[...]
Le document a été découvert à 6 kilomètres au Sud-Ouest d'Aïn-Tounga, dans le lit même de l'Oued-Kralled, là où cette rivière sinueuse et torrentielle se rappoche le plus de la grande route de Tunis au Kef. [...] Deux faces seulement émergeaient du sable de l'oued; les cinq dernières lignes de l'une et les quatre dernières lignes de l'autre étaient visibles.[...] Dès le lendemain, et malgré les 300 kilos qu'elle n'était pas loin de peser, la pierre fut portée en brouette jusqu'à la route, puis, en voiture, dans le jardin de la maison cantonnière d'Aïn-Tounga. Là, en attendant qu'in vînt la prendre pour la transférer au musée du Bardo, j'ai eu tout loisir de l'étudier.








2. TRADUCTION:



[...]
A cinq mètres en aval de la première inscription d'Aïn-el-Djemala, gisait, au bord du courant d'eau, sur la berge gauche de l'Oued-Kralled, une plaque calcaire longue de 0m35, large de 0m30, épaisse de 0m26. Elle est gravée sur ses deux faces en caractères de la même forme un peu négligée et d'égales dimensions (hauteur 0m08). Sur l'une que nous appellerons la face I, on, lit :
| CAES | N |
| N |

sur l'autre (la face II) sont inscrites les quatre lettres PBCF. Le texte est complet à droite et à gauche; et si la pierre est irrégulière ce n'est point à la suite de cassures ou d'usure, mais simplement parce qu'on ne s'est pas donné la peine de la tailler. [...] sur sa face I elle porte Caes(ares) n(ostri) ou mieux Caes(aurum) n(ostrorum): domaine de nos Césars. [...] Ici et là nous sommes en présence d'une borne de propriété impériale. Ici et là nous sommes en présence d'une borne de propriété impériale. Un seul empereur régnait quand fut posée la borne d'Henchir-Sriu. Deux Césars: Marc-Aurèle et Versus, ou Septime-Sévère et Caracalla, se partageaient l'empire quand fut posée la borne d'Aïn-el-Djemala.

Les sigles de la face II sont plus difficiles à interpréter. A Henchir-Sriu, la face correspondante portait trois lettres FMR que Mommsen a développées: f(ines) m(unicipii) R .... Mais PBCF, Ou bien ces sigles représentent une propriété privée, ou bien elle annoncent soit le territoire (ager), soit la la propriété (ager publicus) d'un des groupements politiques, civitas, municipium, colonia, entre lesquels se trouvait répartie la population de l'Afrique Romaine.

