| TEBOURSOUK | SOMMAIRE | |
| RECHERCHES BIBLIOGRAPHIQUES | CARTES POSTALES ANCIENNES | INSCRIPTIONS LATINES |
RECHERCHES BIBLIOGRAPHIQUES
| Thomas SHAW | 1743 |
| Jean André Peyssonnel | 1838 |
| Edmond PELLISSIER de Reynaud | 1853 |
| Victor GUERIN | 1862 |
| Albert de LA BERGE | 1881 |
| Henri SALADIN | 1882-1883 |
| J. POINSSOT | 1885 |
| René CAGNAT et Henri SALADIN | 1888 |
| Dr Carton | 1895 |
| Gaston Vuillier | 1896 |
| M. GAUCKLER | 1901 |
| Bulletin archéologique de Sousse | 1905 |
Auteur: Thomas SHAW (1694-1751)
Voyages de M. Shaw (traduits de l'anglais)
Publication : La Haye. J. Neaume, 1743
A deux lieues au Sud-Ouest de Tes-toure se trouve Tuber-soke, petite ville entourée d'unemuraille, et située sur le penchant d'une colonne. Au centre de la ville on voit une belle fontaine, qui donne de l'eau abondamment, avec les ruines d'un temple, dans lequel elle était autrefois renfermée. Cette ville est presque sous le même parallèle que Tuber-noke, quoiqu'il y ait cinquante-cinq milles de l'une à l'autre; ainsi il faut bien prendre garde de ne pas confondre ces deux villes, comme l'ont fait quelques auteurs. On trouve diverses inscriptions dans les murs de la ville, qui ont été construites d'anciens matériaux. Je vais en donner quelques-unes, par lesquelles il paraîtra que cette ville s'appelait anciennement Thibursicumbure, conformément à l'adjectif Tubursicuburensis de la Liste des évêchés d'Afrique. C'était un siège episcopal de la Province proconsulaire, ainsi on ne fait que faire de la Thubursica de Ptolémée, que la dite Liste place dans la Numidie.




On trouve au dessus de la Fontaine qui est au centre de la ville les mots suivants:

Auteur: J.
POINSSOT
Voyage archéologique en Tunisie. Période: 1882-1883
Source: BULLETIN DES ANTIQUITES AFRICAINES. TOME TROISIEME. 1885
Teboursouk (Thunursicum Bure) et ses environs.

A partir de Thignica, notre route suivait la vallée de l'Oued Kralled jusqu'à Agbia, laissant à environ un mille sur la droite Thunursicum Bure, à laquelle a succédé la ville arabe de Téboursouk qui, comme on le voit, a conservé son nom à peine altéré, et où nous allions nous arrêter (v. pl. IV).
C'est une des villes les plus agréables de la régence. Elle est placée sur les pentes supérieures d'une colline élevée faisant partie de la chaîne qui borde au nord la vallée de l'oued Kralled, à l'endroit où elle s'abaisse et s'ouvre en un large col aui permet de pénétrer dans la région septentrionale du pays. Un bois d'oliviers s'étend au dessous jusqu'à la plaine, au-delà de laquelle l'il embrasse un vaste et pittoresque horizon de montagnes. Les Arabes l'ont entièrement entourée d'un mur d'enceinte qui, du côté du sud-est, emprunte une partie des fortifications antiques dont nous parlerons tout à l'heure.
A l'intérieur, c'est un dédale inextricable de ruelles tortueuses et étroites bordées de maisons basses bâties avec les débris de la ville romaine, couronnée de terrasses et blanchies à la chaux. Les coupoles et les minarets de plusieurs belles mosquées dominent cet ensemble d'où l'on voit encore émerger d'énormes pans de murs englobés dans les constructions. Ce sont les restes de l'ancienne forteresse bâtie à la fin du sixième siècle par le préfet Thomas.

Ces remparts s'élèvent à sept ou huit mètres de hauteur; du côté du sud-est, ils forment encore l'angle de l'enceinte de la ville. Là ils sont restés presque intacts, ils ont conservé entière une porte décorée de motifs d'architecture, ainsi que la courtine dont elle est flanquée et dans l'intérieur de laquelle existent plusieurs pièces voûtées, occupées par un moulin à huile.
Au centre de la ville une belle source sortant d'une chambre voûtée s'épanche dans un bassin antique. Les autres édifices de Thubursicum Bure sont fort difficiles à reconnaître, recouverts et noyés dans les bâtisses de la ville arabe, on n'en peut que constater l'existence sans se rendre compte de leurs dispositions. Les inscriptions mentionnent des bains, des temples ornés de statues de marbre. Les débris qu'on retrouve ça et là donnent l'idée d'une riche et magnifique cité. Pourtant l'histoire n'en a pas conservé le souvenir. On trouve seulement son nom dans la géographie de Ptolémée (4, 3, 29); un de ses évêques est cité par saint Augustin (contra Crscentium, 3, 40); deux autres assistèrent aux conciles tenus en 411 et 525. Les inscriptions nous apprennent qu'elle eut un développement et une destinée analogues à celle de ses voisines Thignica, Thugga et Agbia. Au troisième siècle, c'était un municipe dont les textes épigraphiques fournissent les noms complets, municipium Severianum liberum Thibursicensium Bure, il reçut vers la fin du quatrième siècle une colonie dont le surnom Augusta rappelle celui de la troisième légion.
Voici les inscriptions inédites que j'ai pu recueillir à Teboursouk:

On connaît trois proconsuls d'Afrique du nom de Julianus: 1° celui qui fut chargé d'appliquer l'édit de Dioléctien, du 31 mars 290; 2° celui auquel est adressé le rescrit du 9 janv. 397 (C. 45, 12); 3° le Julianus Kamenius qui, fut remplacé en 413 par Apringius (C. Th. XI, 30, 64).
Une inscription de Rome nomme encore un Alfenius Ceionius Julianus Kamenius qui, après avoir été consularis Numidiae avant 330, devint préfet de Rome en 333. Aucun indice ne permet de s'assurer si l'inscription de Teboursouk se rapporte à l'un de ces personnages.


Auteur: Jean André Peyssonnel
Relation d'un voyage sur les cotes de Barbarie (1724-1725)
Source: Voyages dans les régences de Tunis et d'Alger. Tome I.
Publication: Paris, 1838
De là nous fûmes à Tabourse ou Thibursa-Burcé, qui n'est éloignée que d'une lieue vers le nord de Tucca. C'est une petite ville assez peuplée, bâtie au pied d'une montagne; elle est entourée de murailles. Au milieu de la ville est un fontaine surlaquelle on lit en caractères romains l'inscription suivante:

Tabruse renferme en outre une assez grande quantité d'inscriptions et d'épitaphes. Voici celles que j'ai recueillies:



Auteur: Victor GUERIN (1821-1891)
Titre : Voyage archéologique dans la Régence de Tunis en 1860
Publication : Paris. H. Plon, 1862
CHAPITRE QUATORZIEME
Arrivée à Tébousouk; description de cette ville, l'ancienne Thibursicum-Bure
19 juin
Téboursouk s'élève sur le penchant d'une haute colline. Elle est environnée d'un mur d'enceinte flanqué, de distance en distance, de tours carrées. Ce mur, construit avec des matériaux antiques, a été, généralement fort mal bâti et est percé de nombreuses brèches. Une partie néanmoins est plus remarquable et mieux conservée. Une inscription, copiée déjà par plusieurs voyageurs et dont il n'existe plus que les deux derniers tiers, le premier ayant disparu depuis quelques années, nous apprend que cette portion des remparts fut relevée par Thomas, préfet du prétoire d'Afrique, sous le règne de l'empereur Justin II et de l'impératrice Sophie.
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C'est ce même Thomas que le poète Corippe appelle le soutien de la Libye chancelante:
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La pierre sur laquelle est gravé le fragment qui précède est longue de deux mètres quinze centimètres et large de soixante-huit centimètres. Elle a été encastrée dans l'épaisseur du mur reconstruit par Thomas, près d'une porte monumentale aujourd'hui bouchée, et consistant en une grande arcade qu'accompagnent à droite et à gauche deux petites ouvertures latérales de forme rectangulaire. Cette porte est ornée de pilastres corinthiens. Antérieure très-probablement à l'époque de Justin II, elle n'a été elle-même que réparée par le préfet du prétoire Thomas. Cette réparation, comme celle du rempart attenant, a dû être exécuté avec précipitation, car les anciens blocs tombés ont été remis en place avec peu de soin. Ceux qui constituent les assises du rempart sont de formes et de grandeurs différentes; presque tous sont d'un très-puissant appareil; beaucoup proviennent de monuments plus anciens, ainsi que l'attestent les inscriptions que voici, dont un certain nombre sont couverts:
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A la troisième
ligne, il y avait primitivement trois G et trois N; un G et un N paraissent avoir été
martelés.
A la neuvième ligne, les lettres A et N au milieu du mot AVGVSTANORVM sont liées.
Il en est de même, à la quatorzième ligne, des lettres N et I dans NIANI et des lettres
T et H dans THIB.
Cette ligne et la précédente contiennent en outre les divers noms de ce municipe:

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La hauteur des lettres est de treize centimètres.
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La hauteur des lettres est de treize centimètres.
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La hauteur des lettres est de quinze centimètres.
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La hauteur des lettres est de quinze centimètres.
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La hauteur des lettres est de quinze centimètres.
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La hauteur des lettres est de quinze centimètres.
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La hauteur des lettres est de quinze centimètres.
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La hauteur des lettres est de dix-sept centimètres.
L'intérieur de la ville offre le spectacle d'une grande misère et d'un délabrement complet. La moitié au moins des maisons sont abandonnées et démolies; les rues sont d'une malpropreté repoussante, et l'on se demande comment la peste ne vient pas chaque année décimer la population qui les habite. Celle-ci est actuellement réduite à deux mille cinq cents âmes.
Aucun monument public, extérieurement du moins, ne mérite l'attention du voyageur. Seulement de beaux débris antiques se montrent çà et là, la plupart mutilés et défigurés par d'épaisses couches de chaux, dans des constructions musulmanes qui elles-mêmes tombent presque toutes en ruines.
Les quartiers les plus élevés de la ville sont à peu près déserts, et l'on y rencontre à peine quelques rares habitants qui semblent y errer comme des fantômes dans des rues solitaires, qu'obstruent par intervalles des tas de décombres.
Les quartiers bas sont plus peuplés, sans l'être toutefois autant qu'ils l'étaient naguère encore, car la dépopulation, m'a-t-on dit, a beaucoup augmenté depuis quinze à vingt ans.
Néanmoins, la position de Téboursouk est très avantageuse; le territoire qui l'environne est très-fertile, et elle a elle-même l'avantage de posséder dans son sein une source fort abondante dont les eaux sont recueillies dans un vaste bassin antique divisé en deux compartiments: le premier, de forme carée, est à ciel ouvert et entouré de trois côtés par de hautes murailles construites en pierres de taille. On y descend par plusieurs degrés. Il communique au moyen d'une porte avec le second compartiment, qui est oblong et couvert. A l'un des jambages de cette porte, on remarque un bloc sur lequel on lit:
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Les caractères de
ce bloc, qui provient évidemment d'un monument plus ancien, ont au moins vingt
centimètres de hauteur.
Les autres inscriptions que j'ai recueillies à Téboursouk sont les suivantes:
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Sur un piédestal engagé dans le mur d'une maison:

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Dans l'intérieur d'un moulin à huile abandonné:
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Les caractères ont treize centimètres de hauteur.
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Dans l'intérieur d'un moulin à huile, sur un beau bloc mutilé:

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Au milieu de la cour d'une maison détruite, sur un gros bloc engagé dans un pilier:
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Au même endroit, sur un bloc identique au précédent et engagé dans un autre pilier:
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Les caractères gravés sur ces deux blocs ont vingt et un centimètres de hauteur:
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Sur un bloc engagé dans la porte d'une maison:

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Sur un gros bloc placé près du seuil d'une maison:
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Les caractères en sont gigantesques, ayant trente-six centimètres de hauteur.
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Sur un bloc placé à l'angle d'une maison:
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Les caractères ont également trente-six centimètres de hauteur.
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Sur un cippe en forme d'autel:

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Sur un cippe en forme d'autel:

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Sur une pierre tumulaire en partie brisée:

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Sur une pierre tumulaire:

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Sur une pierre tumulaire encastrée à la porte d'une boutique; les caractères des dernières lignes sont très-effacés:

20 juin
La ville de Teboursouk est dominée vers l'ouest par une montagne rocheuse appelée Djebel-Sidi-Rahma, à cause d'un santon de ce nom dont le tombeau y est vénéré sous une koubba.
Je gravis cette montagne au point du jour car on m'avait dit qu'on voyait le long de ses flancs d'anciennes sépultures. Mais je n'y découvre que des tombes musulmanes, et les seules traces des siècles antiques que j'y observe sont des carrières pratiquées sur divers points jusqu'au sommet du mont, et d'où ont été jadis extraits les matériaux qui ont servi à bâtir la vieille cité de Thibursicum-Bure. Ce nom, en effet, paraît phénicien, et atteste par lui-même l'origine reculée de cette ville.
De retour à Teboursouk, j'y cherche en vain jusqu'à deux heures de l'après-midi de nouvelles inscriptions.
Ptolémée cite une
ville appelées Thubursica
; mais ce géographe la comprend parmi celles de la Nouvelle-Numidie, et semble la placer
plus à l'ouest que ne l'est Teboursouk.
A l'époque chrétienne, il est fait mention d'un episcopus Tubursicensis-Burae comme appartenait à la province Proconsulaire; c'est le même évêque que saint Augustin, dans ses livres contre Cresconius, désigne comme étant a Thubursicubure.
Auteur: Henri
SALADIN
Description des antiquités de la Régence de Tunis.
Rapport sur la mission faite en 1882-1883
TEBOURSOUK (Thibursicum Bure)
Teboursouk est une
petite ville arabe, misérable d'aspect et aux maisons sordides et à moitié ruinées,
construites sur l'emplacement d'une ville antique. Son existence est signalée par la
mention qu'en fait Ptolémée
. Elle date probablement d'une époque antérieure à la conquête
romaine, si l'on s'en rapporte à la forme de son nom qui commence par le th
punique. Le monument le plus récent des temps antérieurs à la conquête arabe est
l'inscription C.I.L., VIII, 65
etc., qui date d'une époque que l'on
peut fixer entre 565 et 578 après Jésus-Christ

Une si longue existence a dû laisser de nombreux monuments; jusqu'ici, les monuments épigraphiques ont seuls montré par leur nombre l'importance de la ville antique. Une porte monumentale qui a été murée dans l'enceinte byzantine et la citadelle formée par cette enceinte sont, avec les bassins et le réservoir de la fontaine antique qui sert encore actuellement, les seuls monuments architecturaux de la ville antique reconnaissable aujourd'hui. La citadelle byzantine occupe la partie nord-est de la ville actuelle. J'en ai relevé le périmètre d'une façon approximativement et j'en donne ici un croquis.
La face nord légèrement brisée vers le milieu porte quatre tours carrées dont deux d'angle, et a près de 120 mètres de long; la face G ouest est une longue courtine de 45 mètres de long rejoignant la courtine suivante sous un angle assez prononcé (tour à chaque extrémité); la face H est semblable, la face I présente à son extrémité ouest une tour à quatre faces (engagée sur l'une d'elles et une autre carrée); la face J a une interruption en son milieu; elle s'engage à cet endroit dans les restes d'une voûte d'arête en blocage sur piles en maçonnerie, probablement un des vestiges apparents des thermes de Thubursicum. Le front J se continue ensuite pour aboutir à l'angle est de la face nord.

Ces murs sont construits de fragments pris de tous côtés, architraves, inscriptions, pilastres, pierres de toute provenance, etc Ils ont été relevés en toute hâte au moment de la reconstruction de cette fortification par Thomas. A cette époque, il est probable que la ville, détruite en partie par les Vandales, n'existait plus que dans la région comprise dans ces murs byzantins. Je donne (fig.60) un dessin de l'appareil de ces murs d'après une photographies que j'en ai faite. On remarque que dans la partie supérieure du mur, au tiers de la hauteur apparente, la construction par grandes pierres en délit placées au-dessus de lits horizontaux formés par de grands blocs de pierre comprenant des parties en moellons. Il me semble qu'ici (front I) nous sommes en présence d'un remaniement très hâtif datant de la dernière restauration de la forteresse: la forme irrégulière de la partie supérieure du mur en grand appareil indique une brèche qui aura été réparée au moyen de ces matériaux rapportés. Il est singulier de retrouver partout en Afrique ce système de chaînages et harpes en grands matériaux avec remplissage de moellons. Je sais bien que, dans l'exemple que je donne ici, on pourrait voir une façade munie de fenêtres grossièrement ménagées dans la construction et rebouchées après coup. Je ne crois pas que cette supposition puisse être soutenue, et cela, pour les raisons suivantes:
1° Les niveaux des parties inférieures des baies ne sont pas correspondants.
2° L'épaisseur qu'on aurait dû donner aux planchers n'aurait pas été suffisante.
3° Pour un pays chaud et où la lumière est souvent aveuglante il aurait eu trop de fenêtres sur cette petite surface.

Dans la tour R qui est encore debout dans presque tout sa hauteur, et la seule dans l'intérieur de la quelle j'aie pu pénétrer, j'ai noté la disposition des meurtrières avec leurs côtés inclinés, leur linteau et l'arc de décharge qui soulage celui-ci. Au-dessus un plancher reposant sur des lambourdes posées sur des bandeaux moulurés, et sur des solives placées en AA' formait l'étage supérieur; j'en donne un croquis (fig.61). La porte antique engagée dans le front nord de l'enceinte ne doit pas dater d'une époque postérieure au règne de Septime Sévère. Elle est d'un assez bon travail et, quoique très mutilée et très enterrée, on peut néanmoins en restituer l'ensemble. En voici une perspective état actuel et une restitution d'ensemble. On doit penser qu'elle devait faire partie de l'enceinte antique de la ville et être une de ses portes, et non pas la considérer comme un arc de triomphe formant un monument isolé.
En A (remplissage de l'arc), se trouve l'inscription mentionnée plus haut: Salvis Dominis, etc.
Ce monument a 8m,43 de largeur totale mesurée d'extérieur à extérieur de la frise de l'ordre. Il consistait en une arcade de 4m,14 de diamètre appareillée en tas de charge et sans archivolte supportée ainsi que les tympans latéraux par deux pieds-droits formés chacun d'un ordre complet de pilastres corinthiens cannelés. Ces pilastres portaient probablement sur un soubassement. Comme cette porte se trouve en contre-bas de la ruelle qui sert d'écoulement à la plus grande partie des eaux de la ville, lors des grandes pluies, ces eaux charriant de grandes quantités de boue et d'immondices ont accumulé sur ce front nord une telle quantité de débris de tout genre, que la porte est enterré actuellement d'au moins 4 mètres. L'entablement est composé d'une corniche formée par une doucine et un cavet, une frise sans ornements, et une architrave composée d'un talon surmonté d'un listel d'une face inclinée, une baguette et une face verticale. Les chapiteaux des pilastres ont 0m,44 de haut et les pilastres ornés de six cannelures rudentées dans toute leur hauteur ont 0m,072 de saillie sur le nu du mur auquel ils sont adossés.

La ville antique a dû avoir une étendue bien plus considérable que cette forteresse byzantine et en bien des points de l'enceinte arabe on reconnaît des traces de murs antiques (presque toute l'enceinte arabe est construite en pisé). La colline, qui s'élève au sud-ouest de la ville et en porte une partie sur ses pentes escarpées, a été autrefois exploitée comme carrière pour Thibursicum et les traces de cette exploitation y sont encore visibles dans beaucoup d'endroits. La pierre qu'on en extrayait est un calcaire blanc assez dur et d'une belle couleur.

La défense d'entrer dans les mosquées de Teboursouk m'a empêché de reconna^tre si dans ces constructions on avait fait usage de colonnes antiques. J'ai remarqué d'ailleurs en beaucoup de points du souk, à des angles de misons et aux arcades près de la grande mosquée, des colonnes antiques employées dans les constructions arabes. N'oublions pas q eu Ximenès y vit un temple (C.I.L., VIII, 1424) et que les inscriptions font mention d'un théâtre et d'un gymnase.
Ayant reçu l'hospitalité dans la maison des hôtes qui dépend du khalifat de Teboursouk, j'y installe mes bagages et après deux jours consacrés à visiter Teboursouk en détail je pars pour Dougga.
Auteur: René CAGNAT,
Docteur ès Lettres, et Henri SALADIN, Architecte
Voyage en Tunisie
Source: Revue «Le Tour du Monde».
Publication: 1888. 2ème semestre
Teboursouk
Teboursouk, comme la plupart des centre habités de région; est bâti sur le penchant d'une colline.


Teboursouk (Thibursicum Bure, par opposition à un autre Thibursicum situé en Algérie et nommé Thibursicum Numidarum) était autrefois une ville assez importante, et pourtant l'histoire n'en fait pas mention. Nous savons seulement, par les textes épigraphiques, qu'elle s'est formée petit à petit; d'abord simple village habité par des cultivateurs, puis cité jouissant de certains droits municipaux, enfin municipe au début du troisième siècle, elle a eu le sort des principaux centres habités de l'Afrique romaine: elle a atteint sous l'empire une grande prospérité, puis elle a atteint sous l'empire une grande prospérité, puis elle fut dévastée, comme le reste du pays, à l'époque des Vandales, rebâtie par Justinien et enfin entourée d'une puissante muraille au milieu du sixième siècle. Cette dernière fortification existe encore en partie; au-dessus de la porte principale antique se lisait l'inscription suivante qui nous en donne la date exacte: la partie droite est encore à sa place:

« Pour le salut de nos maîtres, très chrétiens et très invincibles souverains, Justin II et Sophie, Augustes, Thomas, très excellent préfet (du prétoire d'Afrique), a heureusement bâti cette fortification.»
La ville basse est entièrement construite dans cette enceinte fortifiée où les Byzantins avaient recueilli ce qui restait des habitants de la ville. Ces remparts existent encore presque partout intacts; des maisons s'y accrochent à l'intérieur, et c'est avec la plus grande difficulté qu'on peut arriver à les suivre en marchant en partie sur les terrasses des maisons.
De petites mosquées s'élèvent de côté et d'autre; l'une d'elles est la propriété d'une confrérie d'Aïssaouas; une autre, près de la porte qui s'ouvre sur la route du Kef, a un minaret d'une jolie silhouette, mais malheureusement empâté d'un épais crépi de chaux blanche. Des arcades forment tout auprès une petite place qui se prolonge par un souk jusqu'au centre ville. C'est là qu'un nombre respectable de petits marchands fournit à la société de Teboursouk les choses indispensables à l'existence. Les assiettes, paraît-il, ne sont pas du nombre; car nous n'avons pas pu, malgré le zèle de Mohammed, nous en procurer une seule à Teboursouk.
La ville antique était, comme l'est encore la ville actuelle, très bien partagée en eau. Non seulement une belle source jaillit à la partie supérieure de la cité, coulant dans un bassin bien aménagé, surtout depuis l'occupation française, et se répandant de là dans les jardins qu'elle fertilise, mais encore, au centre même du bourg, cette source est recueillie dans une salle voûtée immense, qui remonte à l'époque romaine. Les soldats pendant leur séjour à Teboursouk, y avaient adapté une pompe, de sorte qu'on pouvait, sans grande peine, se procurer là une eau potable excellente, et réserver l'autre bassin pour les animaux. La pompe étonnait bien un peu les Arabes, mais ils s'en servaient. Depuis que le bataillon de ligne qui a fait ce travail a quitté la ville, sans être remplacé, la pompe est demeurée inactive; elle s'est détériorée, et nul, naturellement, n'a songé à la réparer. Aussi, maintenant, comme au bon temps d'autrefois, hommes et bêtes se sont portés de nouveau à la source an plein air.
Nous voulons descendre dans la salle voûtée dont nous avons parlé plus haut et où la source est captée, mais voici qu'au bas de l'échelle quatre échelons sont brisés. Heureusement Mohammed est là qui n'hésite pas à quitter ses souliers et à entrer dans l'eau jusqu'aux genoux. Nous nous mettons à tour de rôle à cheval sur ses épaules, les jambes pendantes à droite et à gauche de sa tête, et dans cette position nous nous faisons promener par lui tout autour de la salle. Nous n'y remarquons rien de bien curieux, si ce n'est un fragment d'inscription en grandes lettres qui est encastrée dans la paroi du mur.


En rentrant par le Souk, nous sommes témoins d'un spectacle tout à fait caractéristique: la rue est barrée par un pêle-mêle indescriptible de chiens, de bestiaux, d'hommes à pied et à cheval, tous cherchant à passer les premiers. Cet encombrement dure longtemps; on croit que la route est dégagée et que la circulation va être rétablie; mais de nouveaux arrivants surviennent, et l'encombrement se reproduit de plus belle. C'est l'heure où les bestiaux rentrent de la campagne; les beuglements des bufs et le bêlement plaintif des chèvres ou des moutons se mêlent au grognement des chameaux, qui dominent de toute leur hauteur la foule bruyante et confus; au milieu de ce tumulte éclatent les cris des Arabes cherchant à mettre un peu d'ordre dans ce pêle-mêle. Tout cela nous étourdit; nous sommes forcés de nous réfugier dans une boutique pour éviter d'être bousculés, et c'est de là que nous regardons défiler pendant quelques minutes cette procession d'hommes et de bêtes qui va se disperser dans toutes les rues de la ville. Quel n'est pas notre étonnement de voir, lorsque nous avons pu nous remettre en route, ces troupeaux de bufs et de moutons s'engouffrer dans les portes basses qui s'ouvrent à droite et à gauche! Nous y pénétrons après eux et nous constatons que toutes les maisons de Teboursouk offrent le même spectacle: la cour est convertie en étable, et il faut traverser des lacs de fumier et d'ordures pour pénétrer dans les chambres réservées aux hôtes du lieu.
Nous avons retrouvé partout dans ce pays cette négligence, cet abandon de tout effort personnel, cette inertie qui paralyse les meilleures volontés, et qui est comme un triste héritage de la domination turque. Le pouvoir discrétionnaire des beys, la vénalité des fonctionnaires, l'irrégularité de la perception des impôts constitués sur des bases absolument iniques, ont tellement épuisé les forces vives de la production dans ce malheureux pays, qu'il ne peut encore se décider à croire que ce temps est passé pour ne plus revenir.
Maintenant que les impôts sont levés dans les formes voulues, que des reçus sont donnés, que les exactions sont punies et la concession arrêtée par le contrôle français, il est difficile de se représenter l'état affreux auquel la Tunisie était naguère réduite. Et pourtant il n'y a pas plus de vingt ans que la régence a perdu plus d'un tiers de sa population par la guerre civile, la famine, le typhus et le choléra; qu'à la suite d'années de disette, les habitants ne pouvant plus payer leurs impôts, le bey a parcouru son royaume à la tête de sa petite armée et que, partout où il n'avait pu obtenir de l'argent, les récoltes étaient brûlées, les réserves d'huile vidées dans les rues, les oliviers coupés, les jardins saccagés, les hommes massacrés. Mais ce n'était pas assez de la cruauté du souverain: la famine et la maladie vinrent mettre le comble à ces calamités. Quel horrible tableau, à une poque su rapprochée de nous !
Teboursouk, qui n'a gardé que peu de temps une garnison française et qui ne possède que deux ou trois Européens, a conservé un aspect désolé et misérable, comme toutes les villes ruinées par les catastrophes. Malgré la beauté des jardins d'oliviers qui l'entourent et les riches troupeaux de bestiaux qu'on y élève, cette cité n'a guère d'industrie. D'un autre côté, elle est trop loin du chemin de fer pour que le commerce français y ait tenté un établissement; aussi garde-t-elle et gardera-t-elle longtemps sa physionomie de tristesse. Si les habitants ont moins d'impôts à payer et s'ils gagnent plus d'argent dans leurs affaires, il y a à Teboursouk tant de pauvreté réelle et depuis si longtemps amassée, que chacun répare de son mieux les désastres d'autrefois et que le luxe n'a encore pu y pénétrer.

ATLAS ARCHEOLOGIQUE DE LA TUNISIE
Description de l'Afrique du Nord.12ème livraison. Paris, E. Leroux (1908)
Auteur: E.BABELON, R.CAGNAT, S. REINACH
Source: Annales de Géographie, Année 1909, Volume 18, Numéro 101
Quant à la région deTéboursouk, elle est très riche en ruines romaines et byzantines. Là se trouvaient, en effet, les cinq municipes de Thumbure, Annobari, Numluli, Tubursicum et Dougga. Les monuments subsistant dans cette dernière localité indiquent assez quelle était, à l'époque impériale, la prospérité de cette contrée.
Auteur: Edmond PELLISSIER de Reynaud
DESCRIPTION DE LA REGENCE DE TUNIS
Paris, Impr. Imperiale, 1853
PREMIERE PARTIE
Géographie, description physique, nature et produits su sol
CHAPITRE II
La région
du Nord
Il n'y a que 6 kilomètres de Thugga à la ville de Teboursouk,
située sur les mêmes montagnes à gauche de l'Oued-Kheled, à une vingtaine de
kilomètres de sa jonction avec la Medjerda.
Teboursouk n'a pas plus de deux mille âmes de population. Elle est mal bâtie et dans un
grand état de délabrement. Une inscription latine indique qu'elle s'appelait autrefois
Thibursicumbure. On y trouve plusieurs ruines romaines, entre autres celles d'une grande
citadelle. Une fontaine fort abondante sourd du milieu de la ville. Teboursouk est
dans une situation fort avantageuse; le territoire en est riche et bien complanté en
oliviers. Sa position dominante, l'abondance de ses eaux, en ferait un séjour
très-agréable, si les habitants savaient ou pouvaient tirer parti de tous ces dons de la
nature.
Teboursouk est à l'est du Djebel-Korra, dont j'ai déjà dit un mot. Cette montagne est
remarquable en ce qu'elle est couronnée de rochers escarpés surmontés d'un vaste
plateau, ce qui lui donne beaucoup de ressemblance avec la fameuse montagne de la Table du
cap de Bonne-Espérance. Au pied de cette ceinture de roches, sur le versant tourné vers
la Medjerda, sont les hameaux de Sidi-Abdallah-el-Meliti et de Kouchebatia; où l'on voit
beaucoup de ruines.
DEUXIEME PARTIE
Géographie ancienne et archéologique
CHAPITRE XVI
La ville de Teboursouk est pleine de débris antiques, surtout auprès de la belle et abondante fontaine qui en occupe le centre. On voit dans cette localité une grande citadelle construite sous Justin II, ainsi que l'établit l'inscription suivante, qu'on lit au-dessus de la porte de cette forteresse byzantine:

Sur une pierre engagée dans le mur du même édifice, j'ai lu cette autre inscription beaucoup plus intéressante en ce qu'elle donne le nom antique de Teboursouk:


Shaw trouva à Teboursouk une autre inscription qu'il rapporte ainsi:

Le savant voyageur anglais donne aussi un fragment fort incomplet de la première inscription, fragment dans lequel il écrit ainsi le dernier mot de l'avant-dernière ligne THIB.BVRE. De sorte que, d'après la comparaison des deux inscriptions, le nom de la ville serait, d'après lui, Thibursicumbure, qui figure dans la liste des évêques de l'Eglise d'Afrique, mais dont aucun autre document ne fait mention.
Auteur: Gaston Vuillier
LA TUNISIE (illustrée par l'auteur)
Année: 1896

Nous venions de quitter les grands bois d'oliviers qui entourent la
colline, leKef qui porte Teboursouk, et nous passions près d'une maison mauresque
baignée dans le bleu à cette heure. Elle était singulière cette demeure, dans la nuit,
si diaphane qu'on eût dit une maison d'albâtre éclairée par des clartés intérieures.
Une petite montée encore et nous voici aux portes de Teboursouk. Là, en dépit de la
fatigue et de l'heure tardive, je voulus m'arrêter tant l'aspect de cette ville
m'en imposa. Sur un ciel d'un bleu pâle profond et transparent, maintenant criblé
d'étoiles, montaient des minarets pâles, des murailles d'une blancheur de nacre
trouées, çà et là, par des lueurs d'or. C'était plus encore qu'un doux rêve,
c'était une vision fabuleuse des mille et une nuits, car les lueurs de la ville
frissonnaient sous les étoiles et les blancs atténués et les bleus éthérés
sommeillaient au milieu d'un fourmillement lumineux. On entendait des musiques tremblantes
et des voix qui chantaient. Des parfums d'aromates, qui montaient dans la nuit, arrivaient
jusqu'à nous en tièdes effluves. On aurait dit qu'ils encensaient le ciel et qu'ainsi
l'âme de cette ville orientale tendrement s'exhalait en parfums et en mélodies.
Et devant ce rêve nocturne, immobiles, comme figés en des attitudes hiératiques, des
cavaliers et des chameaux se profilaient attendant je ne sais quel signal de départ.
« Comme c'est beau ! » murmurais-je.
[...]
Teboursouk, l'antique Respublica Thubursicum Bure est bâti
en amphithéâtre dans l'enceinte d'une cité byzantine dont la citadelle forme encore
l'un des angles. Deux belles mosquées aux minarets carrés, dont l'une avec ses coupoles
agglomérées, fait songer à Sidi-Mahrès de Tunis, s'élèvent au-dessus d'un chaos de
murailles basses. La blanche ville est étagée sur une colline, entourée de monts aux
pentes boisées.
La citadelle byzantine, qui fut construite avec les matériaux antiques, porte encore des
inscriptions dans ses murs comme celle d'Aïn-Tunga.
« Une des inscriptions enchâssées dans la construction, dit le docteur Carton, porte le
nom de la cité romaine: Thubursicum Bure. Une porte triomphale à demi-enfouie a
été englobée dans le mur d'enceinte, et à trois mètres au-dessus des voussoirs en bel
appareil de son cintre, on peut voir les claveaux, plus petits, d'une autre porte
contemporaine de la citadelle. Les Byzantins avaient donc jugé trop grande l'ouverture
première, et, ne voulant pas détruire cette oeuvre d'art parce qu'elle leur servait, ils
l'avaient ainsi utilisée. La moitié de l'inscription qui la surmontait est encore en
place. Elle porte de nom des majestés très chrétiennes (christianissimis), sous
le règne desquelles elle a subi cet aménagement. D'autres édifices devaient orner
Thubursicum, comme nous l'apprennent plusieurs inscriptions. Les maisons, bâties sur leur
emplacement, empêchent d'en retrouver le moindre vestige.»

Albert
de LA BERGE (1845-19..)
Titre : En Tunisie
Publication : Paris. Firmin-Didot, 1881
CHAPITRE III
A 6 kilomètres de Douggah et à 20 kilomètres du confluent de l'Oued-Khalled avec la Medjerdah, est la petite ville de Teboursouk, au milieu d'un territoire riche, bien cultivé et entouré de bois d'oliviers. Cette localité, qui est un marché agricole de la vallée a des eaux abondantes et une population de deux à trois mille âmes. On y remarque de fort belle ruines auprès d'une belle et abondante fontaine; une citadelle byzantine construite par Justinien II, et un grand nombre d'inscriptions romaines constatant que les habitants de la ville étaient chrétiens et que Teboursouk est l'ancienne cité de Thibursicumbure, qui figure dans la liste des villes dont parlent les historiens de l'Eglise d'Afrique.
Auteur: M. GAUCKLER
Source: Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques et scientifiques.
Année: 1901
M. GAUCKLER, présent à la séance, fait différentes communications.
Il communique le texte de quelques inscriptions inédites nouvellement découvertes en
Tunisie:
Les travaux entrepris à Téboursouk, pour réparer et agrandir la mosquée voisine de la source romaine, Djamaa-el-Aïn, ont fait trouver le 10 juin dernier, à deux mètres de profondeur, dans des terres rapportées, les deux fragments épigraphiques suivants:
A. Fragment de linteau calcaire, brisé de partout,sauf en haut;
lettres bien gravées, hautes de 0m 16.
La dernière lettre de la première ligne est l'amorce d'un C plutôt que d'un S.

Cette dédicace se rapporte sans doute au temple de Junon Céleste dans les ruines duquel Ximenès a trouvé l'inscription publiée au Corpus, t.VIII, sous le n°1428. Il m'a d'ailleurs été impossible de retrouver ce texte à Téboursouk.
B. Stèle funéraire de calcaire blanc à graine fin, épaisseur de 0m 08, hauteur de 0m 32, largeur de 0m 40, brisée en bas. Il manque le bas de l'inscription, qui est gravée en lettres élégantes hautes de 0m 75.

Auteur: ROUQUETTE, Médecin-Major
Source:
Bulletin archéologique de Sousse. 1905
DISCUSSION CRITIQUE SUR DES OBJETS DECOUVERTS A TEBOURSOUK DANS LE TOMBEAU D'UN GUERRIER
ROMAIN
Dans le Bulletin de la Société Archéologique de Sousse (1er semestre 1904), M. Icard, sous-officier au 4° Tirailleurs, membre correspondant de la Société, signalait deux objets de bronze offrant un intérêt plus particulier, parmi plusieurs autres qu'il avait recueillis dans un tombeau romain à Téboursouk.
« Le premier de ces objets, dit-il, a la forme d'un demi-oeuf d'autruche de forme elliptique, mesurant 11 centimètres dans sa plus grande largeur et 4 centimètres de profondeur. Il est muni de deux anses placées au-dessus de deux ouvertures en forme de trèfle et il devait être suspendu car j'ai retrouvé les deux chaînettes dont un morceau adhérait à l'une des anses. C'était probablement un brûle-parfums, puisque j'ai retrouvé à côté une petite écuelle en bronze de 3 centimètres de diamètre, munie d'une minuscule cuillère ayant servi à la trituration des produits odoriférants.
« Le deuxième objet, également en bronze ou cuivre,
affecte la forme à sa base d'un chandelier rustique. Au centre, on remarque un double O
comme s'il avait été destiné à recevoir un cylindre.
Deux cercles de même métal devaient maintenir une paroi verticale en bois ou en métal
très mince, faisant ressembler cet objet à une lanterne. Le cercle supérieur était à
rainures pour recevoir les lames de bois ou de métal; le cercle central devait maintenir
la charpente de cet objet.»
L'interprétation de M. Icard est très exacte pour ce qu'il appelle
le deuxième objet qu'il compare très justement à une lanterne, mais elle est erronée,
à notre avis, en ce qui concerne le premier objet considéré comme un brûle-parfums.
Ces deux objets, en effet, ne doivent pas d'après nous (et notre hypothèse s'appuie sur
une trouvaille semblable mais complète), être considérés comme distincts l'un de
l'autre, mais comme faisant présent, est une « lanterne».

En effet, si l'on se rapporte à la figure 3 (page 93, 1e semestre.
1904) qui accompagne l'article de M. Icard, on verra, comme il le dit, que le plateau
inférieur représente bien la base d'une lanterne, les deux cercles supérieurs servant
à en maintenir la paroi circulaire.
Si maintenant on place au dessus du cercle supérieur le premier objet (figure 2), non
plus dans la même position qu'on l'a représenté mais en sens inverse, c'est-à-dire la
partie couverte en haut, on verra de suite que cet objet constituait à n'en pas douter le
chapeau ou couvercle de la lanterne avec deux ouvertures pour l'échappement de la fumée.
Quant aux deux anses placées près de ces ouvertures et auxquelles adhéraient des
fragments de chaînettes, ce sont les anneaux de suspension du couvercle qui permettaient
de le soulever à l'aide des chaînettes reliées elles-mêmes à la poignée de la
lanterne qu'on retrouve dans la barre transversale de la figure 2. On remarquera que cette
poignées est perforée en son milieu d'une petite ouverture: celle-ci était destinée au
passage d'une tige verticale reliée elle-même à une deuxième poignée transversale.
Suivant que la lanterne avait son couvercle abaissé ou élevé, on se servait soit de la
poignée inférieure (la seule existant sur la figure 2) soit de la poignée supérieure.
Quant à la petite écuelle de bronze trouvée à côté de la lanterne, ce n'était
probablement pas le réservoir à huile de la lanterne qui d'ordinaire est cylidrique,
comme c'était le cas ici puisque au centre du plateau de base M. Icard a remarqué très
justement un double O « comme s'il avait été destiné à recevoir un cylindre » mais
ce devait être l'éteignoir de cette lampe.

ROUQUETTE,
Médecin-Major
Source: Bulletin archéologique du Comité des travaux historiques et scientifiques. Année: 1908
M. Merlin annonce quelques découvertes archéologiques intéressantes, récemment survenues en Tunisie:
1° M. le capitaine Gondouin poursuit à Uchi Majus et aux environs ses fructueuses recherches et trouve de nouvelles inscriptions qui s'ajoutent à la belle série dont il a déjà enrichi l'épigraphie de cette régions:
1° Cippe servant de pilier dans le marabout de Sidi-Embarek, à 4,250 mètres au Nord d'Henchir-ed-Douamis (Uchi Majus) et à 4 kilomètres au Sud d'Henchir-el-Frass (Gillium):


2° A 300 mètres au Nord du marabout de Sidi-Embarek, dans le mur d'un gourbi du douar des Ouled-Mimoun:

On sait déjà qu'à Madaura et
à Thubursicum Numidarum, le culte de Tellus était célébré par des prêtresses.
Ces prêtresses, remarque M. Toutain, devaient être en général fort âgées, puisque le
titre de sacerdos Telluris se lit sur des « épitaphes de femmes mortes à 80 et
à 70 ans.» Notre monument qui mentionne une sacerdos Telluris de 95 ans ne peut
que confirmer cette opinion.
D'après M. Gondouin, il y avait, là où s'élève le marabout de Sidi-Embarek, un centre
relativement important, si l'on en juge par la quantité de ruines qui se trouvent à cet
endroit, mais aucun édifice n'est resté debout.
3° Dans un groupe de sépultures; à 800 mètres à l'Ouest d'Uchi Majus, sur la rive gauche de l'Oued Ech-Chouk, une stèle:

B. Groupe mégalithique de Teboursouk.
Comme à
Kouch Batia,
les sépultures
se trouvent
auprès d'une
ville antique.
D'ailleurs Teboursouk,
ainsi que
son nom
l'indique (Thubur signifie
colline en
phénicien ,
bure vient
peut-être de Bor qui, dans la même langue , signifie :
excavation dans
le roc.
Cf. Tissot.
Géographie comparée
de la Province
d'Afrique. II,
p. 283
et 343.), existait avant
la conquête
romaine.
Cette nécropole
est située
sur le
versant nord-ouest
du Kef
Teboursouk. Auprès
d'elle, il
s'en trouve
deux autres.
L'une, romaine
et qui a été décrite
plus haut,
présente des sarcophages
en forme
de petites auges,
creusées dans
le rocher,
et surmontées d'une
inscription gravée
sur le
relief de la pierre, en
forme de stèles funéraires. L'autre
offre les
tombes musulmanes,
à gradins.
Les mégalithes
sont sur
le point
culminant et sur les deux versants d'un
petit col
qui se
relie au
piton du
Kef par
un plan
fortement incliné.
Si cette
montagne est
moins élevée
que le
Gorra, elle
n'en domine
pas moins
de beaucoup Teboursouk,
et les rochers
en sont
aussi dénudés.
Ici donc,
comme à
Kouch Batia,
nous voyons
la nécropole au-dessus
d'une source,
dont elle
est séparée
par un
centre antique
romain et liby-phénicien.
Dans son
voisinage,
on ne
rencontre plus
de cryptes, mais
de grands sarcophages
en forme
d'auges, creusés
dans la
pierre, dont
il sera
question plus
loin.
Les mégalithes groupés à Teboursouk se retrouvent, plus disséminés, sur toute la crête qui fait suite au Kef Teboursouk jusqu'au Kef Dougga, et se relient à ceux de Dougga. L'un d'entre eux, placé au-dessus et près d'Aïn Hadj Ahmed est formé d'un cercle de pierres à trois assises.
Ce qui caractérise ce
groupe, c'est
la ressemblance
qu'ont entre
elles toutes
ses sépultures,
et surtout la
forme donnée
à certains
de leurs matériaux.
Il était
traversé par
une voie
antique indiquée
dans le
plan ci-joint.
Large de 3m,50 . elle a été pratiquée aux
dépens de la roche, et constitue, en certains
points, une
véritable tranchée,
qui a
parfois lm,50
de profondeur. Au
sud, puis
de chaque côté
de son parcours
se trouvent
les tombeaux.
Malgré la
proximité de cette nécropole et du camp, je n'ai pu, à cause des travaux que
je dirigeais
à Dougga,
en fouiller
un grand
nombre. Ce
travail, pour
produire tous
les résultats
qu'on peut
en attendre,
demande, on
le sait,
un grand
soin. C'est
pourquoi je
me suis
surtout appliqué
à étudier
la forme
des monuments.
Ceux-ci sont
eu général
très détruits,
et de plus très
enfouis, ce
qui explique
qu'ils soient
restés inaperçus.
Aussi paraissent-ils
beaucoup moins
nombreux qu'ils
ne le
sont en
réalité.
On remarque
parmi eux
plusieurs alignements
de pierres dont
quelques-uns sont peut-être
les vestiges
de la limite de la nécropole
(fig. 147).
Le principal
me paraît
avoir été
la bordure
d'un chemin
conduisant aux
sépultures, disposition
analogue à
l'allée de Bulla Regia que j'ai décrite.
Les éléments
en sont
constitués par
des blocs de 0m,50 à 1 mètre de grosseur, très irréguliers,
posés simplement
sur le
sol, et non enfouis, séparés
les uns
des autres par
un intervalle
de 1 à 2 mètres.
Ils ont
été déplacés
au point
où ils
croisent la
voie antique
que j'ai
signalée, et à laquelle cet
alignement est
par conséquent
antérieur.
Les sépultures
de ce groupe se composent
la plupart,
comme l'indique
la figure
149 (en
A du
plan) d'un
cercle de pierres juxtaposées de façon à former une enceinte
renfermant un
sarcophage. Actuellement
ce dernier
n'a plus
la dalle
qui le
recouvrait, et qui a été enlevée à
une époque
ancienne, peut-être
à l'époque
romaine.
Extérieurement, le cercle mesure 4m,25
de diamètre. Il
est formé
de pierres que
je crois
avoir été
équarries, sinon
taillées, car
elles ont
toutes la
même forme.
Les faces
supérieures
et inférieures sont
planes ainsi
que les
faces latérales
; la
face extérieure,
courbe, est
beaucoup
plus large
que la
face interne
qui parfois
existe à
peine. En
un mot
elles ont
grossièrement la forme de voussoirs, ce
qui s'explique
parce qu'elles
entrent dans
la composition
d'un cercle.
A vrai dire, elles
n'ont pas
été l'objet
d'une taille,
mais bien
d'un dégrossissement
fait avec
soin sur
des fragments choisis.
Malgré la
patine qui
a usé
les arêtes
des cassures, la
constance du
fait que
je viens
de signaler me
pousse à
admettre sans
hésitation que
la forme
ainsi obtenue
est le
résultat du
travail de l'homme.
L'instrument dont il s'est servi,
était à
coup sûr
très grossier,
peut-être même
n'était-ce qu'une
autre pierre.
Les éléments
de ces cercles
sont actuellement
distants les
uns des autres de 0m,07 à 0m,08. Ils
étaient primitivement
juxtaposés.
La tombe
située à
l'intérieur est à section horizontale
à peu
près rectangulaire,
et formée par
des pierres plates
fichées dans
le
sol, plus
hautes du
côté qui
regarde la
vallée.
Le rocher
est à
nu dans
l'intervalle
compris entre
le sarcophage
et l'enceinte.
A la surface de la sépulture était
un lit
de pierres de 0m,10 à 0m,25 de grosseur, épais
de 0m,30 au-dessous
duquel reposait
un squelette
en très
mauvais état
de conservation
(Cette
fouille a
été faite
à l'époque
des pluies. J'ai
constaté qu'en
été,
alors que
la terre
est sèche,
les ossements
et les poteries
ont bien
plus de consistance.). Le peu de place qu'ils occupent,
leur disposition,
indiquent que
le cadavre
avait été
déposé accroupi.
Parmi les
ossements était
une poterie
en terre
mal cuite,
friable, rouge
à la
surface, d'un
gris noirâtre
à l'intérieur.
J'ai pu2
à l'aide
de ses fragments,
en restituer
la forme
primitive.
Auprès d'elle
était un
anneau brisé
en fer,
qui a
environ 0m,04
de diamètre. Je
n'ai pu
voir si
cette tombe
avait été
ou non
remaniée.
Une autre enceinte renfermait une tombe composée de quatre dalles verticales (B du plan). Elle était formée d'au moins trois assises, et il est très possible qu'il en ait été de même de toutes celles de la nécropole. Les pierres offrent la forme caractéristique que j'ai décrite plus haut. La disposition de ces assises rappelle une sépulture de la nécropole de Bou Nouara (Matériaux 1885, p. 367. Reboud et Jullien.). Apparement cette tombe a été violée à une époque reculée.
Assez fréquemment
les sarcophages
sont au
nombre de deux, trois et même plus dans un seul cercle. La
figure ci-contre indique
les dimensions
d'une sépulture
double (C
du plan),
d'une très
bonne conservation,
comme le
montre la
figure 154.
Les dalles
des sarcophages sont
assez régulières,
leur épaisseur
n'est que
de 0m,30.
Elles sont
peu enfouies,
ce qui
est exceptionnel dans
cette nécropole
et semble dû
à la
proximité du
rocher et de la surface. La
hauteur de la tombe est de 0m,60. Le fond en a été régularisé à
l'aide de pierres placées dans
les dépressions
du sol.
Dans l'une des tombes, sous une couche de pierres, se trouvaient les squelettes, très brisés. Le corps avait été placé sur le dos, les jambes repliées. A sa droite était un vase très friable, rouge à la surface, jaune à l'intérieur, rappelant, par sa forme, les vaisseaux que fabriquent encore de nos jours les femmes des indigènes.
L'autre tombe renfermait un squelette en miettes et un vase d'une forme que j'ai rencontrée à Bulla Regia dans les sépultures romaines et puniques du Ier siècle. Sa hauteur est de 0m,20. Il est en terre jaune assez fine, fait au tour. A côté se trouvait un vase en poterie rouge, à ouverture large, et d'autres fragments de poterie. Cette sépulture paraît avoir été violée vers l'époque romaine.
Tel est le type d'après lequel
sont constitués
les mégalithes de Teboursouk. J'ai noté
une seule
variante, dans
le cas
où la
sépulture était
très enfouie.
Les dalles
verticales n'étant
plus nécessaires,
elles sont
remplacées par
un mur
d'une grande
régularité.
L'exemple le
plus typique
de cette disposition
est un
tombeau entouré
d'un cercle
de pierres semblable
à celui
des autres dolmens.
Tourné vers
le nord,
il se
compose d'une
fosse à
parois formées
en partie
par le
rocher, en
partie par
un mur
à quatre
assises.
La tombe
était profonde
de 1 mètre et ne renfermait
plus rien.
Pour la
déblayer, j'ai
dû déraciner
un olivier
sauvage qui
y croissait,
et j'ai poussé
la fouille
jusqu'au-dessous de la couche de pierres qui
régularisait le fond de la fosse.
Sur mes
indications, M. le Dr Trumet de Fontarce a
fouillé une
tombe du
même genre
(D). La
régularité du mur y était parfaite. Il
y a été trouvé,
dans une
position que
j'ignore, de nombreux débris de vases grossiers, que
j'ai pu
reconstituer
en partie,
et qui avaient
les formes
représentées ci-contre.
Ils étaient
en terre
mal cuite,
rouge à
la surface,
grise au
centre. Deux
d'entre eux
présentaient une plus grande épaisseur
vers les
bords qu'à
la panse.
Il y
avait encore
deux squelettes
d'individus adultes,
et deux perles
de collier, sphériques,
de 12 millimètres
de diamètre. Je
n'ai eu
ces objets
qu'un instant
entre les
mains. Ils
m'ont paru
être formés
par une
pâte grise,
recouverte d'un
vernis d'un
vert pâle
dont la
couleur m'a
fait penser
un instant
aux objets
du même
genre, en
calaïs, qui
ont été
trouvés dans
les mégalithes
d'autres contrées.
J'ai fouillé
avec soin
deux autres
tombes jumelles
à dalles
verticales, dans
un cercle
incomplet (E),
adossé à
un rocher,
disposition que
j'ai notée
à Bulla
Regia. La
tète du
squelette était
placée au
nord-nord-est de la tombe qui renfermait un
mélange de tessons romains et berbères, et un unguentarium.
Rien n'était
ici en
place, comme
dans plusieurs
autres tombes
que j'ai
fouillées. L'une
d'entre elles
renfermait un
vase de la forme ci-contre, ayant
une ouverture
et un diamètre
de 0m,15.
Les sépultures
les plus
considérables sont situées
au centre
de la nécropole.
Le cercle
de pierres le
plus vaste
mesure 11
mètres de diamètre (F). Il doit renfermer
plusieurs tombes,
mais je
n'en ai
fouillé qu'une,
la seule
qui fût
bien apparente,
placée à
la périphérie,
vers l'ouest.
Son orientation était
sud-ouest-nord-est. De forme irrégulière,
elle avait
une de ses parois formée
par le
rocher, une
autre par
de petites pierres,
les deux
autres par
deux pierres
brutes. Le
fond très
bosselé était
divisé en
deux par
une saillie
de la roche sous-jacente. A
la surface
était un
mélange de terre et de pierres de 25 centimètres d'épaisseur
au-dessous duquel
étaient les
ossements emiettés
d'un adolescent.
Le crâne
était à
l'est-sud-est de la sépulture,
mais l'attitude
du squelette
était indéterminable.
Parmi les
ossements, j'ai
trouvé une
épingle en
cuivre, de forme grossière, dont
la tête
ovoïde a
0m,01 de longueur sur 4 millimètres d'épaisseur.
Cet objet,
brisé à
l'extrémité opposée, a
une longueur
de 0m,04. Les
poteries, en
morceaux, étaient
grossières, friables, brunâtres, mal
cuites. Mais
la tombe
avait dû
être en
partie bouleversée
à en
juger par
des tessons à
couverte vernissée,
et par une anse de poterie de forme cordée
d'époque romaine,
qui y
ont été
retrouvés.
Sur un des points culmiuants de cette nécropole est une enceinte rectangulaire (G) qui, par sa position comme par son dispositif, a de grands rapports avec une construction de même forme de Bulla Regia, que j'ai décrite. Sa longueur est de 5 mètres, sa largeur de 3 mètres On peut aussi en rapprocher celles de la nécropole du Dj. Merah qui a été décrite par MM. Reboud et Jullien (Matér. 1885, fig. 110. ) et celles de Aïn Bey, décrites par M. Thomas (Ibid. 1881, p. 237. ) (v. fig. 161).
Elle est formée par
des pierres grossière-
ment cubiques
et se relie vers le nord par un petit mur très détruit, en
pierres sèches,
à un
cercle avec
sarcophage, placé
à 10
mètres de distance.
A son
intérieur, les
tombes avaient
la disposition
indiquée dans
la figure
162.
A l'est, la face nord de cette enceinte se
prolonge et passe entre une série de cercles, dont l'un de forme ovoïde,
a 7 mètres de long sur 6 de large, et présente, accolés à
sa périphérie,
deux autres
demi-cercles de 5 mètres de largeur. Un
peu au-delà
est un
cercle de 3 mètres de diamètre, et du côté opposé de ce mur, deux autres, dont
l'un renferme
trois sarcophages. Dans
le voisinage dé l'un d'entre eux
est la
dalle qui
a dû
servir à
le recouvrir,
rectangulaire, mesurant 2mx2m,50.
Pour terminer cette description, je
signalerai en
haut et au sud-ouest de cette nécro-pole,
une espèce
de grande fosse,
taillée en
plein rocher,
à
bords droits,
à section
horizontale ovoïde,
ayant environ
10 mètres
de long sur 4 mètres de large, aux
deux extrémités
de laquelle est
une rampe
d'accès. Sa
profondeur est
actuellement de 2m,50.
Enfin, si
l'on suit
la crête
de la colline,
en se
dirigeant vers
le Kef
Dougga où
il y
a encore
quelques dolmens,
on trouve
en un
point une
série d'enceintes
écroulées, rondes, elliptiques
ou rectangulaires,
en petites
pierres, parmi
lesquelles
se trouvent
des espèces de tumuli en matériaux
semblables, présentant
une dépression
centrale. Je
serais disposé
à voir
là les
restes de huttes d'un village
berbère.
Je rappellerai
à ce
sujet que
Pallary a
signalé au
voisinage des dolmens de Bel Abbès
(Matériaux
1888, p.
210.),
des tours en pierres sèches.
La nature
de la roche a certainement
causé en
partie (Il faut tenir compte
aussi des tendances architecturales différentes
qu'avaient les
constructeurs des deux types
de mégalithes.)
les différences
que ces
mégalithes présentent
avec ceux
du Gorra.
Elle est
plus homogène,
plus dense,
et ne présente
pas, comme
là, des tendances à la stratification.
Ces sépultures
sont voisines
de carrières romaines,
où l'on
trouve, à
chaque pas,
les traces
des coins, les
angles encore
vifs des bancs de rochers débités.
L'usure des arêtes des pierres des cercles, beaucoup plus
considérable que celle des bancs de rochers exploités dans
les carrières,
suffirait à
indiquer qu'elles
ont été
taillées bien
antérieurement à l'époque
romaine.
En outre,
ici plus
encore qu'au
Gorra, les
constructeurs
de ces tombes
faites avec
beaucoup de soin, n'auraient
pas manqué
d'employer les
instruments qu'ils
auraient vus
dans la
main des ouvriers romains, s'ils
avaient été
leurs contemporains.